Sur le site de compostage partagé de Chambéry-le-Vieux
Pour associer un site de compostage à un jardin partagé, prenez :

👨🌾 une équipe de référents de site hyper motivés,
🏠 une commune soutenante,
🍀 un terrain mis à disposition,
🫶 une association d’habitant(e)s,
et vous obtiendrez : 🐸 le site de compostage et le jardin partagé des Grenouilles à Chambéry-le-Vieux !
L’essence du projet
Ce mois-ci, nous sommes allés à la rencontre de Micheline, Hervé et Jean-Paul, référents du site de compostage partagé de Chambéry-le-Vieux :
« Au départ, le jardin n’existait pas : c’était une pelouse, un terrain de la ville. Le site de compostage partagé a été lancé à l’initiative du Conseil de Quartier, et c’est devenu le premier site de compostage de Chambéry-le-Vieux. »
Une équipe d’habitants s’est impliquée dans le suivi de site de compostage partagé. Le sens, les référents le trouve dans le soin apporté à la nature et dans la diminution des quantités de biodéchets arrivant à l’incinérateur. Le bonus réside dans la production d’un amendement gratuit : l’or brun. Après son lancement en 2016, le site a rapidement pris de l’ampleur, deux nouveaux bacs et un andain sont venus s’ajouter aux 3 bacs de départ pour accueillir la matière.
Les habitudes des usagers ont évolué depuis la création du site. Au début, les référents retrouvaient fréquemment des sacs plastiques, du pain en grande quantité, des légumes entiers ou de gros morceaux mal découpés. Aujourd’hui, les erreurs persistent, mais sont moins fréquentes. Les référents constatent une nette amélioration de la qualité du compost mûr, utilisé en priorité sur place : une grande partie alimente le jardin partagé et l’autre le verger public voisin (à raison de quelques brouettes par an).

La naissance du jardin partagé
Le jardin partagé attenant au site de compostage a été créé en 2023, il est organisé en deux grandes parties :
– une zone collective, située sur la parcelle triangulaire,
– des parcelles individuelles d’environ 20 m², au nombre de sept.
Le fonctionnement se veut souple : les nouveaux jardiniers qui n’ont jamais cultivé commencent souvent sur la partie collective.
S’ils se sentent plus à l’aise ensuite, ils peuvent demander une parcelle individuelle entière ou une demi-parcelle l’année suivante.

Une association support et une charte commune
Plutôt que de créer une nouvelle structure, le jardin a été intégré à une association déjà existante dans le quartier, « Terr’spective », qui s’occupait déjà du verger public. La ville a signé une convention avec cette association, simplifiant la gestion administrative, l’assurance et les relations avec les services municipaux. À terme, si les jardiniers le souhaitent, rien n’empêche de créer une association dédiée, mais pour l’instant ce montage convient à tout le monde.
En contrepartie de la mise à disposition du terrain, la municipalité impose une pratique en agriculture biologique. Cela implique pour certains jardiniers de modifier des habitudes. Une charte entre jardiniers a donc été rédigée : elle rappelle les principes de base (respect de l’environnement, absence de produits chimiques, soin des outils partagés, propreté du site) et précise comment sont gérées les plantations et les récoltes. Sur la partie collective, tout est partagé ; sur les parcelles individuelles, chacun reste maître de ses cultures, tout en participant à la vie du groupe.

Pratiques de jardinage : eau, paillage et expérimentation
Sur le plan pratique, le site ne dispose pas d’eau courante, mais de deux récupérateurs d’eau de pluie. La consommation varie beaucoup selon les habitudes d’arrosage des uns et des autres. Les jardiniers s’interrogent sur la meilleure manière de faire : arroser un peu chaque jour, ou au contraire abondamment mais, plus rarement, et adapter les pratiques aux besoins spécifiques de chaque culture.
Le paillage est largement utilisé, principalement avec du broyat fourni ponctuellement par la ville ou par des paysagistes, ainsi qu’avec des copeaux de menuiserie très fins. Il est appliqué entre les salades, les fraisiers et d’autres cultures pour limiter l’évaporation et enrichir le sol.
Le jardin est un lieu d’expérimentation. Certains ont par exemple mis en place des cultures en « lasagne », ou installé une petite serre sur la partie collective. L’idée est de tester des méthodes, comparer les résultats et partager les apprentissages. Pour l’instant, le responsable principal du collectif porte une bonne partie de la réflexion sur le plan de culture, mais un nouveau système se met en place : chacun sera responsable d’une planche ou d’un type de culture, afin de distribuer les responsabilités et de renforcer l’apprentissage par l’expérience.
Une dynamique humaine et pédagogique
Au-delà des aspects techniques, le jardin et le site de compostage partagés sont de véritables lieux de rencontre. Un rendez-vous hebdomadaire est organisé, surtout de mars à juillet, puis à l’automne, pour jardiner ensemble, faire le tour des parcelles, échanger des conseils et résoudre les problèmes rencontrés. L’hiver, la nuit tombe tôt, l’été les soirées sont souvent trop chaudes, si bien que les moments communs doivent être soigneusement choisis.
Les habitants du quartier, eux, passent régulièrement, saluent et posent des questions, notamment sur le compost ! L’occasion de faire du lien entre les habitants d’un même quartier.
