Les petites bêtes du compost

Le compost, un milieu riche et vivant

Elles sont nombreuses, ces petites bêtes à vivre dans nos composteurs. Nos bacs et andains abritent une faune riche, des bactéries jusqu’aux mammifères et oiseaux, découvrez ci-dessous les animaux les plus communs dans notre compost ! Munis d’une boîte loupe, vous pourrez les observer de près pour les identifier !

Les petites bêtes : les macro-organismes

Difficiles à observer à l’œil nu, les bactéries, protozoaires et autres levures ont un rôle très important dans le compost ! Présents naturellement dans le sol, ces champignons (parfois gris, blancs ou bleutés) et bactéries se multiplient dans la matière organique et décomposent toutes sortes de déchets : carboné ou azoté !

L’action des bactéries fait monter en température la matière, c’est pour cela que le compost « fume » en hiver ! La température varie entre 20°C et 70°C, selon la quantité et la fréquence des apports, dans un composteur individuel ou partagé.

Ces décomposeurs ont besoin d’oxygène et d’eau pour vivre à leur convenance, c’est pour ça que le brassage est essentiel au compost ! Ce geste clé apporte de l’air et régule l’humidité !

Les moyennes bêtes, les micro-organismes

Une fois l’action des micro-organismes passée et que la température redescend, place au macro-organismes ! Insectes, mammifères, gastéropodes… chacun trouve sa place dans le compost !

Les collemboles se nourrissent des parties tendres de la matière organique. Ils sont essentiels dans le processus de compostage car ils sont très actifs et souvent présents en très grande quantité : 2000 à 500 000 par m2.

Les acariens font partie de la famille des arachnides (ils possèdent 8 pattes). Certains d’entre eux sont des
décomposeurs et se nourrissent de matière végétale et de champignons de consistance plus dure. D’autres sont des
prédateurs de collemboles

Les cloportes sont des crustacés terrestres qui fragmentent les déchets organiques en plus petits
morceaux. Ils sont très friands de tout ce qui contient de la lignine. Ils sont dotés d’une carapace pouvant varier de brun à noir.

Les millepattes ou myriapodes mangent des choses très dures comme du bois. Il existe plusieurs types de «millepattes». Ils ont tous au moins 15 paires de pattes. Ils répondent aux noms de scolopendres, polydesmes, géophiles, etc…

Les vers Eisenia, mesurant environ 40 à 50mm, que l’on retrouve dans le compost, ne sont pas des vers de terre (Lumbricus Terrestris). Il s’agit de vers de compost ou vers de fumier (Eisenia Fetida). Ces derniers se nourrissent de déchets organiques. Les vers de fumier sont dits «épigés». Ils vivent en surface du sol ou dans les tas de compost. Leur zone de confort se situe entre 15 et 25°C où ils sont particulièrement actifs. En dessous de 0°C et au dessus de 30°C, ils meurent. Ils sont particulièrement efficaces dans la dégradation des matériaux organiques tendres et humides. Pour se reproduire, ces vers pondent des cocons, jaune orangé, d’environ 1 ou 2 mm. Il est fréquent d’en observer dans le tas de compost. Un individu peut donner naissance à 500 petits en une année.

Insectes divers : il est également possible de voir des fourmis, des araignées, des forficules, staphylin, larve de mouches-soldats.

SOURCES : Réseau Compost Citoyen

Le cas particuliers des larves blanches

Nous pouvons trouver plusieurs larves dans nos composteurs. Certaines sont à préserver, tandis que d’autres ne sont que de passage !

La larve de cétoine dorée se retrouve souvent dans le compost en cours de maturation. Elle trouve un refuge chaleureux pour se nourrir et se protéger pendant 2 à 3 ans, avant de former un cocon dur et prendre sa forme adulte. Ce beau coléoptère de couleur vert métallisé est un auxiliaire très utile au jardin : protégez-le !


> La reconnaître : de couleur blanche, en arc-de-cercle avec 3 paires de pattes très courtes, une petite tête et un gros abdomen, velue. Dans votre main, elle se déplacera sur le dos et cherchant à se glisser entre vos doigts pour retourner « sous-terre ».

La larve de hanneton est moins présente que la cétoine, mais les deux peuvent se confondre. L’hanneton est moins apprécié des jardiniers, car ce dernier détruit les cultures. La larve est en générale plus grosse que celle de la cétoine.
> La reconnaître : la larve est jaune et lisse, avec de longues pattes et sa tête est plus grosse que son abdomen.

La larve de lucane cerf-volant, que l’on retrouve plus rarement dans nos bacs de broyat, se distingue des autres surtout par sa taille ! Le lucane adulte et mâle ressemble à un énorme scarabée, avec d’imposantes mandibules. La phase larvaire est très longue (environ 5 ans) et la destruction de son habitat (bois mort en forêt) fait baisser la population de lucanes. Le bois mort est sa principale alimentation. Ces larves sont à protéger !
> La reconnaître : plutôt blanche à tête orangée, assez grande, avec quelques poils. La proéminence des mandibules se distingue déjà à ce stade !

La larve de mouche-soldat se retrouve surtout dans la matière fraîche, pendant l’été. Originaire d’Amérique subtropicale, elle s’est acclimatée à la France. Les larves ont un corps large et un peu aplati, clair au début puis sombre ensuite. Elles peuvent se montrer très nombreuses dans le composteur et grouiller. La mouche-soldat n’est pas une mouche domestique, elle ne rentre pas dans les maisons. Sa larve est très vorace et accélère la décomposition de la matière, dans certains pays du « larvicompostage » est exercé grâce à ces insectes. A l’hiver, les larves meurent de froid.

Et puis les autres !

Ces derniers sont plus rares, mais nous pouvons parfois retrouver des rongeurs comme les musaraignes et les souris, des limaces et escargots, des hérissons ou encore des lézards (comme l’orvet…).

Un véritable écosystème s’installe dans vos bacs de compostage, favorisant ainsi la biodiversité de votre jardin !


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